Cinq médias martyrs à travers le monde

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L’attentat contre Charlie Hebdo, qui a coûté la vie à huit journalistes, a choqué le monde entier. Une attaque qui vient s’ajouter à la longue liste de médias ciblés à travers le monde. Reporters sans frontières met en avant le cas de cinq médias qui ont vu une partie de leurs journalistes assassinés pour avoir exercé librement leur mission d’information.
Al-Iraqiya : victime collatérale de la guerre en Irak (Irak)

Avec 14 journalistes tués entre mars 2003 et août 2010, la chaîne nationale Al-Iraqiya est le média qui a payé le plus lourd tribut humain à la guerre en Irak. Et son calvaire n’est pas terminé : trois autres de ses collaborateurs ont trouvé la mort dans le cadre de leurs activités professionnelles depuis la fin de l’occupation américaine. Créé par l’administration américaine avant d’être confié aux autorités irakiennes, le groupe Iraqi Media Network, auquel appartient la chaîne, est toujours réputé proche des partis chiites au pouvoir. Ce qui a valu à ses employés, accusés d’être des traîtres par l’insurrection, d’être particulièrement pris pour cibles. Avec 230 professionnels des médias tués entre le début de l’invasion américaine et le retrait des dernières brigades de combat américaines, la guerre en Irak aura été la plus meurtrière pour les médias depuis la Seconde Guerre mondiale.
Express News : dans le viseur des Taliban (Pakistan)

Largement reconnue pour son professionnalisme et ses vues libérales, la chaîne de télévision Express News est prise dans une spirale de violence : six de ses journalistes et collaborateurs ont été assassinés au cours de la seule année 2014. On ne compte plus les menaces de mort et les attaques contre les bureaux ou les domiciles de ses journalistes. La plupart sont revendiquées par le groupe Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), qui tient Express News pour un ennemi du fait de sa couverture critique. L’impunité qui règne en maître dans le pays, l’un des plus meurtriers au monde pour les journalistes, ne peut que les encourager à poursuivre leur campagne de terreur.
Novaïa Gazeta : le prix de l’indépendance (Russie)

Fer de lance du journalisme d’investigation indépendant en Russie, Novaïa Gazeta paie cher l’absence d’Etat de droit dans le pays. Pas moins de cinq de ses collaborateurs ont été assassinés depuis 2000. Certains, comme la célèbre Anna Politkovskaïa et Natalia Estemirova, documentaient inlassablement les violations des droits de l’homme commises pendant les deux guerres de Tchétchénie. D’autres, à l’instar d’Igor Domnikov et de Iouri Chtchekotchikhine, enquêtaient sur la corruption et le crime organisé. Dans la plupart des cas, les enquêtes ont échoué à remonter jusqu’aux commanditaires de ces crimes.
Radio Shabelle : informer dans le chaos (Somalie)

Station privée la plus réputée de Somalie, Radio Shabelle est également la plus exposée. Pas moins de dix collaborateurs, dont plusieurs de ses directeurs successifs, ont été assassinés depuis 2007. Cible récurrente des milices islamistes qui lui reprochent de ne pas se placer sous leur coupe, la station est également en proie aux pressions du gouvernement, qui ont abouti à sa fermeture temporaire en août 2014. Mais malgré les menaces de mort, les emprisonnements, l’hémorragie des départs en exil, Radio Shabelle continue d’aborder de front les sujets les plus sensibles. Lorsque Reporters sans frontières a décerné à la station son Prix pour la liberté de la presse, en 2010, le directeur des relations internationales de Shabelle Media Network Ali Abdi l’a répété: “Nous ne nous laisserons pas intimider. Nous sommes déterminés à continuer notre combat pour l’information indépendante et le respect des droits de l’homme”.
Radiotélévision de Serbie : 16 civils pris au piège d’un “objectif militaire” (Serbie)

Dans la nuit du 23 au 24 avril 1999, pendant le conflit au Kosovo, l’aviation de l’Otan a bombardé le bâtiment du groupe public Radiotélévision de Serbie (RTS) à Belgrade. Le raid a coûté la vie à seize employés de la station. Si l’ancien directeur de la RTS, Dragoljub Milanovic, a été condamné en 2002 à neuf ans et demi de prison pour ne pas avoir fait évacuer le bâtiment, aucune mise en cause ou indemnisation n’a été envisagée par l’Otan. Pour l’Alliance, le bâtiment constituait un “objectif militaire légitime” du fait de la propagande diffusée par la RTS.

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